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ANIA et ANNE DENISE SONT DE RETOUR DU CANADA…. PDF Drukuj Email

Sr Anna Bodzińska et Sr Anne Denise Rinckwald viennent de rentrer du Canada , invitées par la province Canada /USA pour participer à la semaine annuelle d’Education à l’Holocauste.


Nous venons de rentrer de Toronto, comblées au delà de toute mesure par ce séjour et tout son vécu.

Nous avions en effet été invitées à cette 29e « Holocaust Education Week (HEW) » à Toronto du 1 au 11 novembre, grâce à Audrey Gerwing nds qui est co-présidente de « l’Holocaust Education Committe du Dialogue Judéo-chrétien de Toronto ».

Chaque jour, à travers toute la ville de Toronto, un nombre important de programmes : conférences, films, exposés, témoignages étaient offerts dans des bibliothèques, des universités, des églises, des synagogues etc. Le but : ne pas oublier, informer, éduquer pour aujourd’hui et demain.

Il nous avait été demandé de parler « De soeurs de NDS sauvant de juifs », puis de « La relation entre chrétiens et juifs aujourd’hui en Pologne ».

Nos exposés étaient soutenus par les images d’un power point.

Auparavant, Kathy Wolff avait traduit nos exposés, mais nous étions malgré tout un peu nerveuses de parler en anglais devant un public inconnu.

Environ 150 personnes ont participé à cette soirée, majoritairement des chrétiens, mais il y avait aussi une forte assistance de juifs d’origine polonaise attirés par le 2e sujet de la soirée.

Nous avions aussi la joie de compter sur la présence de Rita Verba, « enfant sauvée » à Grenoble et de celle d’Alice Rathé-Windner une ancienne de Roumanie.

Les nombreuses soeurs de Sion de Toronto qui étaient là ont été applaudies après l’exposé d’Anne Denise sur le 1er sujet !

L’événement de la soirée était la conférence d’Ania. La plupart des juifs au Canada ont leur mémoire colorée par la Shoa, par leur propre expérience en tant que « survivants », ou par celle que leurs parents leur ont transmise. Cette mémoire douloureuse est en quelque sorte « arrêtée » aux événements qui l’ont causée. Et voilà une jeune Polonaise d’une autre, nouvelle génération, celle de la Pologne des 20 dernières années de la liberté retrouvée, qui documente non plus la mémoire arrêtée aux expériences traumatisantes, mais un nouveau versant de l’histoire, le grand intérêt pour l’histoire et la culture juives aujourd’hui en Pologne. Elle parle, images et sites internet à l’appui, de la renaissance de communautés juives sur les bases d’une identité recherchée et retrouvée. Nous-mêmes d’ailleurs avions été frappées lors de la préparation de l’exposé par la quantité et la qualité des offres actuelles, religieuses, culturelles.

Nombre de personnes juives qui étaient là, ont été déstabilisées, mais pas seulement elles. Dans l’assistance, il y avait aussi des personnes non juives dont les parents, parfois avec eux-mêmes, avaient fui devant l’invasion russe des terres de l’Est de la Pologne en 1939. (Comme notre soeur Dominika Zaleska !). L’exposé d’Ania a bouleversé la mémoire de beaucoup, cette mémoire gardée, mais séparée du devenir d’un pays qui jadis avait été leur patrie. Les questions qui ont fusé l’ont bien montré. Ania ne s’est pas laissé acculer à la défense : elle répondait par l’aujourd’hui, tâchant de faire saisir que cette nouvelles Pologne est en chemin, dans un processus de liberté et de démocratisation, face elle-même à une histoire qui depuis 20 ans, n’est plus manipulée. Nous avons pu rencontrer plusieurs personnes par la suite et nous avons senti combien elles pouvaient commencer à se laisser réconcilier avec le passé. Cela a été notre plus grand cadeau : pouvoir être de modestes, mais réelles ambassadrices de réconciliation.

Par la suite, nous avons aussi été interviewés par la TV catholique canadienne : « Sel et Lumière ».

La générosité et l’amitié des soeurs de Sion de la province nous ont été aussi une grande joie. Arrivées au soir de la Toussaint, vers la fin de leur Chapitre provincial, nous avons pu passer une courte soirée avec les Soeurs réunies. Un autre jour, nous avons été invitées par les soeurs de Toronto à un souper à Oakmount House ; des amis se sont joints ensuite à la soirée. Cela nous a donné l’occasion de mieux connaître leur vie et leurs activités apostoliques.

Des liens se sont creusés entre nos deux provinces !

Mary Babic et Audrey Gerwing, chez qui nous logions, n’ont rien épargné pour faire de ces 10 jours une semaine d’amitié mutuelle : nous nous sommes senties réellement chez nous : c’était « Sion » !

Elles nous ont fait découvrir Toronto, ville de 5 millions d’habitants, dans la diversité des quartiers et des « communautés » ... chinoises, portugaises, polonaises, coréennes, etc. Elles nous ont fait aussi la joie de nous emmener par un samedi radieux aux chutes du Niagara, un désir secret !

Pendant que sur nos terres européennes on commémorait les 9 et 11 novembre, nous avons vécu un voyage, un séjour, une expérience qui nous ont donné un regain de vitalité !

Ania et Anne Denise nds

Cracovie, 12 novembre 09

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Bulletin – 1 November

This week, Holocaust Education Week, and The History of Heaven and an open house at St. Joseph’s Morrow Park. Also, we’re looking for a parishioner skilled in sign language and we’re exploring sponsoring a refugee family.

HOLOCAUST EDUCATION WEEK

St. Gabriel’s Parish
Wednesday, November 4th at 7:30 PM.

For many years, St. Gabriel’s Parish has participated in Holocaust Education Week. On Wednesday, November 4th at 7:30 PM, we will present a two part program, co-sponsored with Temple Har Zion.

The first part of the program, Sisters of Sion: the Story of Rescue, will highlight the contribution of the Sisters of Sion in rescuing Jews in France from 1940 to 1944. The guest speaker will be Sister Anne Denise Rinckwald, former provincial of the European Province of the Sisters of Sion Congregation, now living in Krakow. In 2007, she was nominated as a “person of reconciliation” by the Jewish-Christian Council in Poland.

The second part of the program, Jewish relations in Poland Today, will deal with life in Poland after WWII and with Christian-Jewish relations in Poland after the war and during the last twenty years. The guest speaker will be Sister Anna Bodzinska, a member of the Polish Council of Christian and Jews who is responsible for the formation of Sisters of Sion in the European Province.

www.stgabrielsparish.ca/2009/bulletin-1-november/


STRESZCZENIE Wykladu s. Anny

When speaking of relations between Jews and Christians in Poland, one cannot forget the historical background: the history of war, of Communism, of “Solidarność”, which finally led to freedom. For several decades, this history of Poland was distorted.

I would like to share with you a story and a reality that was lived by one person who, when she was young, saw a very important transformation of her country. And that transformation is not yet complete. I was 21 years old at the time of the fall of Communism and the beginning of the transformation of Poland towards developing democracy.

How did Poland rediscover its freedom in an entirely new reality? How did it relearn its history, which until then had been so very manipulated? For many of us, World War II ended with the arrival of “Solidarity” in 1980 and finally, after the state of war and the fall of Communism in 1989, with our first free elections, with the first government that was freely chosen. In discovering their own history, without censorship, the young and less young generation of Poles rediscovered the link with the Jews. A cultural, spiritual, social wealth that had been seen as ancient history became once again something alive. We began to look at our history as a shared history, our common heritage.

We know that the Jewish world has almost disappeared from Polish society; and the young Jews who remained in Poland no longer wanted to identify with their Jewish community. There was a generation gap.

Today, it is no longer the same. There are new generations, few in number of course, who have already rediscovered their Jewish identity and others who are still seeking it. They are helped in their search by many organizations supported by Jewish world organizations.

Between Christians and Jews, we can perhaps speak of a certain rebirth, without unfortunately forgetting the issues that are linked to prejudice.

There are many young people who are seeking first of all their own identity and that of their family. They ask about the history of Poland and about life together with Jews.

The Christians who are conscious of their religion also discover the importance of knowing the Torah and Jewish Tradition.

Many activities in the cultural, religious and social domains flow from all this searching and these questions. In Warsaw, Cracow, Lublin... the Jewish communities are offering courses on Judaism, Jewish culture, prayer. You can go to a synagogue to pray, you can go to a Jewish cultural center to learn Hebrew or Yiddish. There are different Jewish associations that gather together people who are seeking their Jewish roots, where they can meet other people involved in the same search for identity.

Thanks to John Paul II, the Christians in the world and very especially in Poland have become aware of the importance of knowing Judaism and their “elder brothers” in faith. Several formal and informal groups have come into existence.

During these past twenty years, new relations and a new human link have appeared on Poland's horizon.

Sr. Anna Bodzinska, nds


Parlant des relations entre Juifs et chrétiens en Pologne, on ne peut pas oublier l`arrière-plan d`histoire : cette histoire de la guerre, du communisme, de « Solidarność » qui finalement a conduit à la liberté. Cette histoire de la Pologne a été, durant plusieurs décennies, faussée.

Je voudrais vous partager une histoire et une réalité vécue par une personne, qui comme une jeune, a vu une très importante transformation de son pays. Et cette transformation n`est pas encore achevée! J`avais 21 ans au moment de la chute de communisme et du commencement de la transformation de la Pologne vers le développement de la démocratie.

Comment dans une réalité tout à fait nouvelle la Pologne a retrouvé sa liberté. Comment elle a réappris son histoire, jusqu`alors, tellement manipulée. La Deuxième Guerre mondiale, pour beaucoup d’entre nous, s`est achevée avec l`arrivée en 1980 de la « Solidarité », et finalement après l`état de guerre et la chute du communisme en 1989, avec nos premières élections libres, avec le premier gouvernement librement choisi.

C`est en découvrant leur propre histoire, sans censure, que la jeune, et moins jeune génération des Polonais a redécouvert à nouveau le lien avec les Juifs. Une richesse culturelle, spirituelle, sociale regardée comme une histoire ancienne est devenue à nouveau vivante. On a commencé à regarder notre histoire comme une histoire commune, notre commun héritage.

Nous savons que le monde juif a presque disparu de la société polonaise ; et les jeunes qui sont restés en Pologne ne voulaient plus s`identifier avec leur communauté juive. Il y avait un fossé de générations.

Aujourd`hui ce n’est plus la même chose. Il y a de nouvelles générations, peu nombreuses certes, qui ont déjà retrouvé leur identité juive et d`autres qui la cherchent encore. Ils sont aidés dans leur recherche par de multiples organisations soutenues par des organisations juives mondiales.

Entre les chrétiens et les Juifs, peut-être pouvons nous parler d`une certaine renaissance, sans oublier malheureusement les choses liées aux préjugés.

Il y a beaucoup de jeunes qui recherchent d'abord leur propre identité, et celle de leur famille. Ils s`interrogent sur l`histoire de la Pologne et la cohabitation avec les Juifs.

Les chrétiens conscients de leur religion découvrent aussi l`importance de la connaissance de la Tora et de la Tradition juive.

De toutes ses recherches et questions découlent de multiples activités dans les domaines culturels, religieux et sociaux. À Varsovie, Cracovie, Lublin...les communautés juives proposent des cours sur le judaïsme, la culture juive, la prière. On peut se rendre dans une synagogue pour prier, on peut aller dans un centre culturel juif pour apprendre l’hébreu ou le yiddish. Il y a différentes associations juives regroupant des gens qui recherchent leurs racines juives, où ils peuvent rencontre d`autres personnes engagées dans la même quête d`identité.

Grâce au Jean Paul II, les chrétiens dans le monde, et en Pologne tout particulièrement, ont pris conscience de l’importance de la connaissance du judaïsme et de leurs « frères aînés » dans la foi. Plusieurs groupes formels et informels en vu la lumière.

 

Sur l’horizon de la Pologne pendant ces dernières vingt années sont apparues de nouvelles relations et un nouveau lien d`humanité.

s. Anna Bodzinska NDS

 

 

 
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